Féminisme et environnement : pour une lutte environnementale féministe

Les changements climatiques et les enjeux environnementaux : un problème genré

Les problèmes environnementaux et les changements climatiques sont considérés comme des enjeux universels qui affectent tout le monde de la même manière. Il est important de savoir que ce n'est pas le cas et que, comme beaucoup d'autres enjeux mondiaux, les changements climatiques et l'exploitation des ressources naturelles ont pour effet d'aggraver les inégalités entre les genres à travers le monde et de creuser les inégalités déjà existantes. Dans cette page, vous trouverez quelques effets des enjeux climatiques sur les femmes.

Pauvreté et déplacement

À travers le monde tout comme au Nouveau-Brunswick, les femmes sont plus susceptibles de vivre en pauvreté. Parmi les pays à bas et à moyen revenu dans le monde, 70% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont des femmes. Au Nouveau-Brunswick, les femmes ont plus de chances d’effectuer un travail à temps partiel, donc précaire, que les hommes : 21 % des femmes occupaient un emploi à temps partiel en 2015, comparativement à 10 % des hommes. 

Les effets des changements climatiques, tels que les sécheresses, les inondations, les incendies et les catastrophes climatiques, amplifient les instances de pauvreté, surtout dans les pays surexploités.

La rareté des ressources lors de telles périodes ne font qu'aggraver les situations de pauvreté extrême dans plusieurs parties du monde. Les désastres climatiques peuvent avoir de graves répercussions sur les systèmes agricoles, les filets sociaux et les infrastructures économiques, et les femmes ressentent davantage les effets puisqu’elles sont déjà vulnérables. 

Les femmes sont également davantage déplacées par les effets des changements climatiques. Selon l’ONU, les effets environnementaux du changement climatique causent une augmentation du déplacement dans les pays surexploités et ce déplacement affecte les femmes de façon disproportionnée.

Selon l'ONU, 80 % des personnes déplacées par les changements climatiques seraient des femmes.

L'exploitation des ressources naturelles et la violence fondée sur le genre

Selon le rapport de la commission des femmes autochtones disparues et assassinées, l’exploitation des ressources naturelles est directement liée à la violence fondée sur le genre. Dans les endroits où il y a une augmentation des travailleurs temporaires des industries d’exploitation (on pense à l’industrie minière, à l’industrie pétrolière et à l’installation des oléoducs), on constate une augmentation documentée de violence faite aux femmes et aux minorités de genre. En plus de l’augmentation potentielle de violence, le rapport démontre aussi l’importance de lier les projets d’extraction de ressources, comme le récent projet d’oléoduc, à la violence dirigée vers les femmes autochtones. 

Lors des manifestations sur les territoires Wet’suwet’en en février 2020, les leaders de cette communauté ont revendiqué une prise en compte des liens entre l’installation d’un oléoduc et la violence fondée sur le genre. Les préoccupations concernant le potentiel de violence contre les femmes autochtones ont été l'une des principales raisons de ces manifestations.

Les témoignages et les recherches de ce même rapport démontrent qu’il existe une forte corrélation entre le phénomène des « man camp », c’est à dire les installations temporaires de domiciles pour les travailleurs dans les secteurs d’exploitation, l’augmentation du travail d’exploitation et la violence fondée sur le genre dans un territoire donné. De plus, toujours selon ce rapport, l’insécurité économique, l’abus des substances et les horaires de travail sont également des facteurs propres aux industries d’exploitation qui ont un effet sur les taux de violence.  

Données manquantes et approches intersectionnelles

De nombreuses recherches démontrent aussi le lien entre les changements climatiques et la violence à travers le monde. Des recherches australiennes ont démontré une augmentation de la violence familiale et conjugale lors des feux de brousses, un phénomène nettement lié au phénomène des changements climatiques.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, une femme sur cinq qui vit un déplacement, souvent lié à des désastres climatiques, subit de la violence sexuelle.

Selon l’ONU, il y a une absence de données ventilées par le genre dans les recherches sur les effets des changements climatiques. Davantage de recherches qui mettent en lumière les effets des changements climatiques et de l’exploitation des ressources naturelles seraient nécessaires pour mieux comprendre cet enjeu et surtout, trouver des solutions. Or, il est de plus en plus difficile d’avoir un accès ouvert et transparent à ce type de données. De plus en plus de gouvernement se penchent sur l’application d’une analyse comparative selon le genre afin de rendre compte des effets des différentes politiques publiques, notamment environnementales, sur les différentes populations. Malheureusement, encore aujourd’hui, au Canada comme au Nouveau-Brunswick, il est difficile de connaître les résultats de ces analyses et la manière dont les politiques sont modifiées pour réduire les inégalités et les effets sur les populations les plus marginalisées.

Sous le masque de la croissance se dissimule, en fait, la création de la pénurie. 

- Vandana Shiva

Pour la suite des choses

Certaines recherches émergentes indiquent qu’une approche féministe radicale et intersectionnelle pourrait venir appuyer les efforts environnementalistes du monde entier, puisque ces deux mouvements ont le potentiel de lutter contre le même système capitaliste, patriarcal et hétéronormatif. Depuis 2019, le RFNB tente de se poser sur des revendications à la fois féministes et environnementales. Restez à l'affût!

 

Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

236 rue St George, bureau 315
Moncton
Nouveau-Brunswick
E1C 1W1
506-381-2255

 

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