Poème gagnant du concours littéraire SEG 2021

À l'occasion de la 6e édition de notre Semaine de l'égalité des genres du 8 au 14 mars 2021, nous avons lancé notre 1er concours de poésie. Chaque poème a été évalué de façon anonyme par Caroline Bélisle et Gracia Couturier, deux autrices néo-brunswickoises.


Félicitations à Léonore Bailhache pour son poème Endotremaux qui remporte le concours! Notre jury a également attribué une mention spéciale au poème Les stries de Mylène Arseneault. Découvrez leurs textes ci-dessous. Pour une lecture à voix haute par les autrices de leur œuvres, rendez-vous sur notre page Facebook (vidéo à partir de 3min40).




Le poème lauréat : Endotremaux de Léonore Bailhache.


À l’endos des maux

Il y a

Endométriose

Mot compte triple au Scrabble

Endo-métriose

Mètres de corps mis à l’envers

Entrailles réversibles

Défaut de fabrication.


Endométriose

Il y a des jours

Je voudrais être pendue par les pieds

Mettre mes entrailles à l’envers

Oui, mais en vers, s’il vous plait.


Endométriose

Il y a des jours

Je ne suis que mètres et mètres de douleurs

Mètres ïambiques

Mètres impairs

Cinq syllabes pour

Un corps sur dix

Recroquevillé.


En-do-mé-tri-ose

J’ose penser qu’un jour

On ne nous dira plus

« C’est dans ta tête »

Endomettez vous à notre place

Osez endosser vos goddamned de godasses de science sans conscience

Science sans connaissance

En d’autres mots

Osez dire

« Je ne sais pas pourquoi tu as mal

Mais je te crois. »


Endométriose

Il y a des jours

Quand l’alarme résonne

Rouge

Au creux de mon ventre

S’endormir dans un corps

Qui saigne de l’intérieur

Est le seul remède.

Endométriose

La plupart des jours

C’est endomarche ou crève

Je traine mon enveloppe corporelle endolorie

Mon endo-bedaine gonflée sous mes habits,

Et je m’habitue à vivre

Endommagée

C’est bien la seule chose

Que je maitrise.


Endométriose

Un mot

Cinq syllabes

Pour donner du sens aux maux

D’une personne menstruée sur dix En d’autres mots:

« Vous souffrez

Et on vient juste de comprendre

Que ce n’est pas normal d’avoir si mal. »



Le poème qui obtient une mention spéciale : Les stries de Mylène Arseneault


Ma mère a une orchidée blanche

Qui fleurit sur la table à manger.

Depuis janvier, elle arbore ses branches,

Ses feuilles; ses bourgeons qui ont germé.


Ses pétales affichent des stries Violacées.

Des rayures et des zébrures.

C’est seulement lorsque l’orchidée fleurit

Qu’on peut admirer ses vergetures.


Oh, que j’admire la fleur!

Son courage et sa témérité.

Tandis que je cache avec honte et pudeur

Mes cuisses et mon ventre marqués.


Mais telle est la vérité de ma peau striée :

Je suis en train de fleurir.

Dans ma douceur, j’ai su trouver

Le courage de ne pas m’endurcir.

Enracinée, les feuilles dans le vent,

J’ai redécouvert le féminisme, ma force

Et mon esprit résilient.

Je me déshabille de mon écorce.


Mes tiges apprivoisent du bout des doigts

Les stries rougeâtres sur ma peau.

Et confinée dans mon pot floral

Je me mobilise et j’éclos.






Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

236 rue St George, bureau 315
Moncton
Nouveau-Brunswick
E1C 1W1
506-381-2255

 

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